Les différents "psys"

Les psychothérapeutes 

En France, le titre de psychothérapeute est réglementé. Il est délivré par les ARS aux professionnels en faisant la demande et justifiant de formation en psychopathologie clinique. Chaque institut dispense une méthode spécifique de psychothérapie. 

Les psychiatres et pédopsychiatres

Ce sont les médecins spécialistes des troubles psychiques. Ils ont donc effectué le cursus de médecine (6 ans) et se sont spécialisés en psychiatrie et éventuellement en pédopsychiatrie (4 à 6 ans supplémentaires).

Les Psychanalystes

Les psychanalystes sont les héritiers des méthodes et techniques inaugurées par Sigmund Freud et ses successeurs.
Ce sont des approches particulièrement développées en France, où Jacques Lacan a profondément retravaillé la théorie à partir des années 40.
Ce sont également sur la base de cette approche que se sont structurés les services de psychiatrie publique depuis 1960.

Les Psychologues

Les psychologues ont fait des études universitaires de psychologie. Chaque université imprime une coloration propre aux formations qu'elle dispense en fonction des enseignants qui y oeuvre, des départements de recherches et des partenariats qu'elle développe.
Les premières années sont généralistes et abordent les grands champs que couvre la discipline : psychologie clinique, sociale, cognitive, du travail, du développement, neuropsychologie... La spécialisation intervient au terme de la Licence (3 ans) et peut ouvrir la voie à une carrière dans la recherche (avec une Master 2 recherche qui peut déboucher sur une thèse) ou dans une pratique professionnelle (Master 2 Professionnel)

Quelques auteurs et pensées

Sigmund Freud 1856-1939

"L'inventeur" de la psychanalyse, dont il a élaboré la théorie et les concepts fondateurs, dont nombreux font maintenant parti du vocabulaire courant. On parle ainsi volontiers de son inconscient, de ses complexes ou de ses pulsions. Sa grande découverte a été de percevoir la signification cachée derrière des phénomènes psychiques en apparence banals et insignifiants : les rêves, lapsus, actes manqués... Il est à l'origine du fameux dispositif "divan-fauteuil".

Jacques Lacan 1901-1981

Psychiatre de formation, il a marqué le paysage intellectuel à partir des années 40 et surtout 50.
Initiateur d'un "retour à Freud", il a profondément retravailler la théorie analytique en lui imprimant une direction nouvelle, notamment en y intégrant des approches venues des sciences humaines telles la philosophie, la linguistique, mais aussi la logique, les mathématiques... Ses écrits sont d'une approche ardue. Sa pensée continue d'irriguer et de structurer le paysage analytique mondiale.

Françoise Dolto 1908-1988

Contemporaine de Jacques Lacan, avec qui elle a été en lien tout au long de son parcours, pédiatre et psychanalyste, elle a été une grande vulgarisatrice des théories analytique. Elle anima notamment la fameuse émission de radio "Lorsque l'enfant paraît" entre 1976 et 1978, dans laquelle elle répondait aux questions des auditeurs. Elle approfondi les connaissances liées à la psychanalyse des enfants et à l'éducation. C'est sous son impulsion que furent créées les "Maisons Vertes", lieux d’accueil des parents avec leurs enfants en bas âges, qui se sont multipliées depuis.

Donald W. Winnicott 1896-1971

Initialement formé à la pédiatrie, il s'orienta vers la psychanalyse et développa l'étude de la vie intérieure du nourrisson et du jeune enfant, en lien avec les personnes qui forment son environnement relationnel. C'est à lui que nous devons la conceptualisation de des fonctions de l'objet transitionnel, autrement dit le "doudou".

La "Psychothérapie Institutionnelle" 

C'est une forme de thérapie s'appuyant sur le collectif et postulant une égalité de statut entre "soignants" et "soignés". Ce courant de pensée se développa après la seconde guère mondiale sous l'égide de figures emblématiques telles que François Tosquelles, à l'hôpital de Saint Alban en Lozère, Jean Oury à la clinique de Laborde ou encore Pierre Delion. Il s'agissait d'humaniser l'institution psychiatrique et de favoriser les soins ambulatoires. Cette pensée orienta la structuration du secteur publique de psychiatrie français.

Michel Foucault 1926-1984

Philosophe engagé, il s'est intéressé aux rapports complexe entre les notions de savoir et de pouvoir à travers la critiques de plusieurs institutions sociales, et notamment la psychiatrie. Dans sa thèse de 1961, Folie et Déraison, Histoire de la Folie à l'âge classique, il montre que le traitement de la "folie" tel qu'il est pratiqué en occident n'a rien d'universel mais relève d'une construction social et historique basé sur une logique d'exclusion. Il procède plus généralement à une "archéologie des savoirs" visant à mettre en lumière la façon dont les catégories de connaissances que nous utilisons dans notre perception du monde se sont élaborées dans un contexte social et historique donné.

Hannah Arendt 1906-1975

Hannah Arendt produisit une pensée dense et vivante qui appréhende des enjeux et des problématiques diverses. Dans son ouvrage le plus célèbre, Les Origines du Totalitarisme (1951), elle tente de spécifier les dynamiques qui y sont à l'œuvre par rapport à d'autres régimes autoritaires tel que la dictature. Elle chercha dans La Condition Humaine (1961) à étudier les invariants qui fondent la présence humaine dans le monde, c'est à dire à "penser à ce que nous sommes en train de faire". Selon elle, c'est à travers les trois activités que sont le travail, l'œuvre et l'action que l'être humanise le monde. L'action en particulier est définie comme l'activité qui, mettant en lien les êtres humains, implique la pluralité et engendre la création, l'innovation et créer un espace public.

Gilles Deleuze 1925-1995

Il introduisit une transformation dans la manière d'aborder la philosophie : celle-ci est traditionnellement utilisée pour tenter de déterminer des vérités "éternelles", qui transcendent les données contingentes d'espace et de temps. Le problème pour Deleuze est que la réalité ainsi représentée se fige, ce qui limite la pensée, alors qu'il faudrait au contraire l'ouvrir. Il propose de créer des concepts comme des outils pour penser la réalité de façon originale et libérée des modèles dominants. Dans l'Anti-Oedipe, écrit avec le psychanalyste Félix Guattari, il développe d'idée d'un Inconscient productif, qui concours à créer la réalité sociale, et plus seulement expressif.

Claude Levi-Strauss 1908-2009

La pensée de Claude Lévi-Strauss, anthropologue, repose sur l’idée que les sociétés humaines, malgré leur diversité apparente, sont organisées par des structures mentales profondes et universelles. Fondateur du structuralisme en anthropologie, il cherche à mettre au jour les règles inconscientes qui organisent la parenté, les mythes, les classifications et les cultures. Selon lui, l’esprit humain tend à penser le monde à travers des oppositions (nature/culture, cru/cuit, vie/mort, etc.), et ces structures se retrouvent sous des formes variées dans toutes les sociétés. Il refuse l’idée d’une hiérarchie entre les cultures : chaque culture constitue une manière cohérente et légitime d’organiser l’expérience humaine. 

Pierre Bourdieu 1930-2002

Pierre Bourdieu a profondément marqué la sociologie contemporaine en démontrant comment les inégalités sociales se perpétuent sous couvert d'égalité et de mérite. Son œuvre analyse les mécanismes de domination et la manière dont les structures sociales s'impriment dans l'esprit et le corps des individus. Il a notamment appliqué cette grille de lecture au système scolaire, dans des ouvrages tels que Les Héritiers (1964) ou encore La Reproduction (1970), tous deux coécrits avec Jean-Claude Passeron. Le concept d'habitus, central dans sa pensée, explique la manière dont un ensemble de dispositions, de manière d'agir ou de pensées déterminées socialement sont intériorisées inconsciemment dès l'enfance.